[Autour des livres] Interview d'Olivier pour "Danse d'atomes d'or" et "Einstein, le sexe et moi"

Interview Olivier Liron
© Céline Nieszawer

Olivier Liron est une véritable rencontre littéraire et humaine. Danse d'atomes d'or fut pour moi un véritable coup de foudre. Sa poésie, la danse des corps et de la langue m'ont totalement enivrée, si bien que peu de temps après je dévorais Einstein, le sexe et moi en quelques heures. Un roman tout aussi sensible, plein de franchise et d'humour pour aborder la différence. 
Lors de mes lectures, j'avais des questions en tête et des parallèles se créaient. Olivier Liron a accepté d'assouvir ma curiosité en répondant à mes questions.
Je le remercie chaleureusement pour la richesse et la qualité de ses réponses ainsi que pour sa disponibilité. 


Autour de Danse d'atomes d'or

◆ Pourquoi le mythe d'Orphée et Eurydice ? 

O.L : C’est un mythe qui m’a toujours inspiré ; un mythe autour de l’interdit du désir. Orphée n’a pas le droit de se retourner, sinon il perd Eurydice. Pas le droit de la regarder, c’est-à-dire de la désirer. Le regard est ici la métaphore du désir. Il y a du pulsionnel dans le regard. Dans les catégories classiques de la philosophie et de la scolastique, la pulsion scopique est une pulsion très forte. Ce désir, il faut donc le vivre autrement. Sur le mode du chant. Chanter et enchanter l’absence. L’écriture et le chant d’Orphée se déploient sur l’absence. Charmer l’absence. C’est un mythe magnifique sur le désir masculin qui devient chant. Plus généralement, sur le désir qui devient art, poème, cri. Je m’amuse à glisser des allusions à ce mythe, mais surtout à le réécrire, à le transgresser. C’est le personnage d’Eurydice qui m’intéresse particulièrement. Dans le mythe, elle meurt, poursuivie par un satyre et mordue par un serpent (on peut se demander, d’autres l’ont fait avant moi, si la morsure du serpent, qui cause la mort d’Eurydice, n’est pas un symbole du viol ou de la violence masculine). Eurydice part aux Enfers. Orphée va la chercher. Dans le roman, je me suis demandé ce qu’il advenait si Eurydice décidait d’elle-même de partir, sans rien en dire à Orphée… Eurydice devient aussi actrice de ce mythe, dans mon histoire, à l’égal d’Orphée… Je veux dire dans mon récit, qui est aussi ma propre histoire, car la fiction dans mon roman se mêle très intimement à mon histoire personnelle. Je pars toujours pour écrire d’un matériau autobiographique, et sans doute ne sais-je pas faire autrement. C’est un mythe d’une profondeur inouïe. Les deux personnages sont pour moi inactuels, et contemporains à la fois. 

◆ Les lieux sont presque un personnage à part entière. Paris, la Normandie, et puis un lieu plus lointain que je ne dévoile pas pour ceux qui n'ont pas lu le roman, que représentent-ils pour toi ? 

O.L : Oui, ce premier roman est bâti sur l’équivalence entre l’amour et la danse. Les deux personnages s’aiment comme dans une danse, avec le modèle en arrière-plan du ballet de Pina Bausch, Orphée et Eurydice. L’espace est essentiel, au sein de ce ballet en trois parties. La première partie, c’est l’espace nocturne et fiévreux de Paris, ses soirs et ses rues, ses soleils et ses cafés, sa poésie et sa mélancolie.

Avec la deuxième partie, marquée par la disparition et l’absence, l’espace s’ouvre, s’aère, s’agrandit, c’est l’ouverture vers l’émotion qui est au centre du roman : la tristesse, le deuil, l’absence, la mémoire, la béance. Ce sont les côtes normandes que je connais bien, avec leur tumulte, leur rudesse, mais aussi leur douceur. C’est la mort qui n’est jamais très éloignée de la mer. La mer évoque la mort, bien plus que la mère comme le voudraient les psychanalystes lacaniens amateurs d’homonymies plus ou moins foireuses. La mer, c’est la sensation de la mort, c’est pour ça qu’elle est si terrible, si apaisante. C’était important pour moi dans ce drame tragique, de faire apparaître la mer dans cette deuxième partie. Après l’amour dans la première partie, l’amour nocturne à Paris, la deuxième partie installe un espace de mort et de disparition, mais aussi de recueillement. Après un bref intermède important, qui est celui du road-trip du narrateur et de son ami Vediani jusqu’à Tombelaine, ce village perdu entre les champs et le diable vauvert. Cette traversée jusqu’en Normandie, depuis l’errance autour du périphérique de Caen jusqu’à l’arrivée dans ce village, est un rappel de la descente aux enfers d’Orphée.

On peut donc dire que le premier monde du roman est un monde solaire, un monde érotique et euphorique. Le deuxième monde, le monde normand, est un monde nocturne et infernal, dysphorique et cathartique.

Enfin le troisième monde c’est celui d’Eurydice, et je laisse le découvrir au lecteur. C’est un monde essentiel : un monde sacré, lumineux, plein de vie, de joie et d’espoir. C’est le monde de cette femme, un monde plein de soleil et d’amour. Par l’écriture, j’ai essayé de porter la mémoire de cette femme. De dire l’amour, la passion, le désir dans toute son éblouissante beauté.


Autour de Einstein, le sexe et moi 

◆ Ce titre, tu nous l'expliques ?

O.L : Ou peut-être est-ce à chaque lecteur, lectrice de (me) l’expliquer ? De se l’expliquer différemment ? Mais je ne vais pas tricher, je vais essayer de répondre. J’ai voulu un titre qui soit à la fois drôle, musical avec ce rythme ternaire que l’on retrouve déjà dans Danse d’atomes d’or, mais également un titre ludique et énigmatique. Le titre opère une sélection entre les lecteurs : celles et ceux qui ont de la curiosité (bien ou mal placée, qu’importe !) et du second degré iront plus naturellement découvrir le roman, ce qui me convient parfaitement ! Sur le fond, le titre exprime pour moi une bipolarité entre la connaissance et la vie. D’un côté Einstein, archétype du génie et de la connaissance pure, de l’autre le sexe, c’est-à-dire la vie dans son aspect le plus intime, mais aussi la relation aux autres, qui se joue par excellence dans la rencontre amoureuse. C’est tout le conflit du personnage principal qui est résumé : d’un côté Questions pour un champion, de l’autre la vraie vie. Mon personnage prend une revanche sur son enfance en jouant à Questions pour un champion. Plus profondément, il va apprendre à se trouver, à s’aimer, à exister pleinement dans une âme et un corps, question rimbaldienne qui habitait déjà Danse d’atomes d’or. Cette quête initiatique, il la mène grâce à l’amour de sa famille, en particulier de sa mère et de sa grand-mère Josefa, grâce à l’expérience esthétique qui le sauve, grâce enfin à l’écriture qui lui donne son moyen d’expression. Einstein, le sexe et moi s’inscrit clairement dans la tradition littéraire du « Bildungsroman », ces romans d’apprentissage où le héros est en quête de lui-même.


Comment t'es venu l'envie de raconter cette histoire, ton histoire ? Est-ce pour aborder la « différence », qui est le thème central finalement de ce livre ? 

O.L : Oui, le thème central de ce livre est la différence. Plus précisément, une façon de militer à travers ce récit, résolument autobiographique et intime, pour un droit à la différence. Je crois que l’intime a une portée politique. Chaque personne qui a connu au moins une fois l’exclusion dans sa tête et dans son corps peut se reconnaître dans ce récit. Et tous les enfants mis à l’écart s’appellent Olivier Liron. Ce livre est une façon de dire « J’existe. » De dire : Voici ce que j’ai vécu. Voici ce que je suis. Voici ce qui s’est passé. Et bien sûr d’adresser un gros : « Fuck » à tous ceux qui n’ont jamais cru en moi. Et c’est bien sûr une façon de libérer une parole. Pas seulement la mienne, celle de milliers de personnes qui ont subi la même chose que moi. Écrire, disait Faulkner, c’est « comme craquer une allumette au cœur de la nuit en plein milieu d’un bois. Ce que l’on mesure alors, c’est combien il y a d’obscurité partout. L’écriture ne sert pas à mieux voir, elle sert seulement à mieux mesurer l’épaisseur de l’ombre. » Mais ce n’est pas seulement un témoignage sur la difficulté de l’école, loin de là. C’est un roman sur l’amour, sur l’espoir, sur la beauté. Sur tout ce qui m’a sauvé dans la vie. Un hymne loufoque et baroque à la vie. 


◆ Que t’a apporté Questions pour un champion (et peut-être Julien Lepers) ? 

O.L : Participer à Questions pour un champion a correspondu à un moment de crise dans ma vie. Une bouée de sauvetage. Cela m’a permis de tenir quand je n’allais pas bien. Le fait d’avoir gagné m’a redonné confiance. Après ce jeu, j’ai pris un nouveau départ. J’ai décidé de me consacrer à ce que j’aimais vraiment : l’écriture et la création. Je me suis inscrit dans une école de danse contemporaine et de théâtre. Ma vie a changé. Une deuxième vie a commencé. Quant à Julien Lepers, c’est une personne pleine d’humour. On est restés en contact via les réseaux sociaux. Je sais qu’il a beaucoup apprécié mon roman. C’est quelqu’un de très attachant. Il m’a félicité, a trouvé le livre « drôle, plaisant et agréable ! ». Dans le roman, je le transforme en personnage carrément délirant, à moitié présentateur télé, à moitié chanteur mélancolique, un peu shaman aussi, ou poète.

Autour de tes romans

Je te disais après la lecture de ton second roman qu'il y a des thèmes récurrents dans tes deux livres, que finalement je les trouvais proches tous les deux alors qu'ils sont pourtant totalement différents dans le sujet et même l'écriture. J'aimerais bien que nous abordions ces similitudes et que nous nous attardions un peu dessus, si tu veux bien. 

◆ Le premier thème qui me saute aux yeux c'est l'art (dont la danse). Omniprésent dans Danse d'atomes d'or – le titre en est le reflet –, à travers Loren artiste de cirque, à travers l'Opéra chorégraphié que tu évoques, mais aussi à travers les corps qui virevoltent. Et dans Einstein, le sexe et moi il y a les musées, le théâtre, et toujours la danse (mais là je n'en dis pas trop pour ne rien de dévoiler). 
Quel est ton rapport à l'art ? 

O.L. : Oui, l’expérience esthétique est pour moi décisive. Je crois que sans la beauté, la vie ne vaudrait pas la peine d’être vécue, non ? Il y a quelques moments d’extase dans la vie, qui sont le nectar de vivre. Dans les moments de grande détresse, aussi bien que dans les moments de grande euphorie, (et parfois ce sont les mêmes, allez comprendre l’insondable mystère de l’âme humaine), il y a l’art, qui nous connecte à la splendeur de vivre, à la beauté, au sacré, à la présence à soi, au corps, à l’existence. On ne peut pas vivre sans art, sans beauté. Dans ma vie il y a Bergman, Herzog, Pasolini, Schubert. Satie. Rothko. Baudelaire, Rimbaud, Monet, Marina Abramovic, Pina Bausch. Éluard. Kurosawa. Monteverdi. Joe Dassin. La liste à l’infini. Des phares.

Le second thème c'est justement le corps. Il marque eux aussi tes deux romans. Le rapport au(x) corps. Le rapport au sexe. Le regard que l'on pose sur celui de l'autre ou sur le sien. De la fusion à la solitude. Peux-tu nous en dire plus ? Quelle est ta perception des corps ? 

O.L : J’ai un rapport compliqué avec mon corps. J’ai mis longtemps à dépasser le dégoût pour aller vers la joie, la pleine possession de soi et la jouissance. Pour moi l’écriture, comme la danse, est un moyen de m’exprimer physiquement. D’apprendre à vivre dans mon corps. Et à l’aimer. Je n’écris pas : je jardine. Je jardine mon espace intérieur. Je m’explore corps et âme à travers l’écriture, et je partage avec les lecteurs le résultat de cette exploration. Mes livres tiennent je crois dans cette tension vers un partage presque physique d’une émotion avec le lecteur. C’est en tout cas ce que je recherche. 


◆ Lors d'un échange que nous avons eu tu abordais l'Enfer / les Enfers. C'est le troisième thème... 
Dans Danse d'atomes d'or ce sont les Enfers avec le mythe, la mort..., dans Einstein, le sexe et moi c'est l'Enfer tout court, la descente. Pourquoi ce thème, cette noirceur derrière une écriture somme toute très lumineuse ? 

O.L : Les Enfers, ceux de la mythologie grecques, ou l’Enfer chrétien m’intéressent beaucoup, car c’est une façon de réfléchir et d’imaginer la souffrance humaine. Jusqu’à 17 ans, l’âge où j’ai passé mon bac, on peut vraiment dire que ma vie était un enfer, par la violence de l’exclusion en milieu scolaire, et ressortissait aux imageries que j’ai découvertes plus tard dans les tableaux de Jerôme Bosch par exemple. Il m’arrivait tellement de choses d’une noirceur et d’une horreur inouïes pour un enfant. Je suis fasciné par ces topographies et ces cosmogonies infernales dans la peinture flamande. C’est quoi, la souffrance humaine ? Comment on la représente ? C’est un topos et une source d’inspiration inépuisables pour moi. Et la descente aux Enfers, présente dans Danse d’atomes d’or comme dans Einstein, le sexe et moi, est un motif magnifique aussi. Notamment par cet enjeu formidable : comment remonter des Enfers ? Dans Danse, l’enfer est le manque amoureux. Dans Einstein, l’enfer est plus profond encore, et comme existentiel. Dans les deux cas, quelque chose vient sauver le personnage, et ce quelque chose c’est l’écriture. Danse m’a permis de porter la mémoire d’un amour. De dire l’amour. Einstein m’a permis de porter la mémoire de l’enfance. De dire l’enfance. L’écriture m’a arraché aux Enfers et m’a permis d’exister. La seule vie réellement vécue, écrivait Proust, est la littérature. C’est un peu fastoche de s’en tirer avec une citation de Proust, je sais, mais… j’en suis intimement convaincu.


◆ Et enfin... la famille. La grand-mère à une place importante dans chacun de tes romans. Dans le premier, il s'agit de la grand-mère de Loren et dans celui-ci ta propre grand-mère. Elles sont une sorte de pilier, était-ce voulu ? 

O.L : Alors, ça, la réponse est facile : oui, j’ai toujours été fasciné par les personnages de grands-mères, sans doute depuis ma lecture de La vie devant soi d’Émile Ajar avec Madame Rosa ! Dans ma vie c’est la même chose, ma grand-mère Josefa a été très présente pour moi, c’est une personne essentielle dans mon parcours. C’est une source inépuisable d’inspiration humaine et artistique pour moi. D’ailleurs, elle ne manque pas de me le signaler, à chaque fois que je la vois ! « Tout parlez sancor de moi dans tu nuevo livre ! » (Traduction en français académique et plus fade : Tu parles encore de moi dans ton nouveau livre ! »)

D'ailleurs toutes deux ont des origines étrangères. Coïncidence ? 

O.L : Ou non ? Ma grand-mère est arrivée en France sur le tard avec ma mère. Elles ont fui le franquisme toutes les deux. Sans doute est-ce pour cette raison que la grand-mère, dans mes deux romans, c’est une figure de l’origine, mais aussi de la mélancolie et de l’exil. La grand-mère est le support de l’identité du personnage. Leur héritage, mais aussi leur éthique. Loren, le personnage de Danse d’atomes d’or, sa grand-mère manouche lui a appris le feu, l’ivresse, le sens aigu de la liberté. Dans Einstein, le sexe et moi, j’évoque Josefa qui m’a appris l’amour, la générosité, le partage, le goût de raconter des histoires… et d’inventer une langue unique !


Revenons-en à l'écriture...

◆ Tu t'adresses aux lecteurs dans tes deux romans, en tout cas tu les interceptes, est-ce une manière pour toi d'installer une distance entre des sujets qui te sont très personnels ?

O.L : Oui, j’aime beaucoup l’idée qu’une histoire puisse assumer le fait qu’elle s’adresse à des lecteurs. De toute façon, depuis Italo Calvino, on ne peut pas faire comme si le lecteur n’était pas là ! L’un des enjeux quand on écrit un roman consiste à trouver le ton particulier sur lequel on va embarquer le lecteur dans l’histoire. Dans mes livres, il peut y avoir des marques d’oralité, des traces d’une situation d’énonciation. C’est ce qu’on appelle en linguistique des embrayeurs ou shifters : des traces qui branchent l’écriture sur une situation de parole – l’émetteur d’un propos s’adresse au récepteur d’un propos. Cela se joue dans l’emploi des pronoms, des adverbes de lieu et de temps, dans tout ce qui va renvoyer au fait qu’au bout du compte, un être humain s’adresse à un autre dans un livre, même si cela passe par une forme extrêmement travaillée et sculptée. J’écris mes romans à partir d’une oralité, que je transforme et transfigure dans l’écriture. Je dirais que prendre en compte le lecteur ne vise pas à créer une distance, mais plutôt, au contraire, à installer une manière de dialogue et de partage avec lui.

◆ L'humour à une place importante dans tes récits, alors que tu abordes des sujets qui ont au fond une tonalité plus grave. Qu'est-ce qu'il t'apporte ? 

O.L : C’est difficile de parler de l’humour, c’est quelque chose de si mystérieux… L’humour, très présent dans mes récits, naît de la friction entre l’expérience que j’ai vécue, parfois difficile, et ce que je raconte aujourd’hui, avec le recul de l’écrivain. Le rire peut aussi avoir une fonction d’acceptation de soi, c’est alors une véritable philosophie de vie. Gary écrivait que « l’humour est une affirmation de la dignité, une déclaration de la supériorité de l’homme face à ce qui lui arrive. » Rire de soi, c’est s’accepter soi-même, ce qui est le trajet du personnage de Einstein, le sexe et moi. Enfin, l’humour a également une portée politique : il permet d’agir sur les représentations de la réalité et de les modifier. Beaucoup de choses peuvent passer par le rire.

◆ Finalement, tes deux romans sont un peu une lutte et un éveil. Est-ce ta manière de voir la littérature et plus que cela, le monde ?

O.L : Ce sont deux très beaux termes, qui ont à voir avec la vérité et la liberté, les deux grandes catégories de la philosophie. Pour moi, la lutte, à la fois intime et politique, est inhérente à l’écriture même : écrire, c’est une lutte pour affirmer ce que je suis, pour exprimer ma vision du monde, pour gagner le droit d’exister. La lutte, c’est la vérité de l’âme. L’éveil, lui, a partie liée avec une complétude plus grande encore, avec les épousailles de l’âme et du corps. Exister enfin dans une âme et un corps, disait Rimbaud. Et il met ces mots en italique, à la fin de son chef-d’œuvre – et peut-être le plus grand texte de la littérature mondiale –, sa Saison en enfer. Dans une aurore rêvée, Rimbaud entrevoit l’éveil complet, mystique, absolu, quand il aura gagné le droit, armé d’une ardente patience, d’entrer aux splendides villes. Ai-je le droit de citer Rimbaud pour terminer ?

Évidemment, cet espace est à toi ;-)

« Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. 
Que parlais-je de main amie ! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps. »

  
        
                                           Danse d'atomes d'Or            Einstein, le sexe et moi
                                                  Paru en 2016                         Paru en août 2018
                                                  Alma Editeur                            Alma Editeur 
                                                     237 pages                                  200 pages

Olivier Liron est né en 1987. Il est actuellement l'auteur de deux romans. Il est également scénariste pour le cinéma et auteur pour le théâtre, un art qu'il pratique. Il a d'ailleurs écrit en 2018 La vraie vie d'Olivier Liron mis en scène par Douglas Grauwels. Et est en cours de projet, l'adaptation scénaristique de son premier roman. 

Commentaires

  1. J'ai très envie de lire ses romans et notamment Einstein, le sexe et moi. Qui sait, il atterrira peut-être sur ma liste au Père Noël !

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    1. Prépare ta lettre au Père Noël :D ça va te plaire je pense !

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