L’Épître IV – Collectif de nouvelles et de poèmes venu de la Suisse romande

L’Épître
Paru en janvier aux éditions des Presses Littéraires de Fribourg
176 pages

En voilà un drôle de livre, un recueil bien curieux venu tout droit de la Suisse romande et dans lequel onze écrivains laissent voguer leur plume pour nous emmener en voyage, nous amener à réfléchir, à expérimenter et à nous sortir de notre zone de confort. 


Je pourrais vous résumer chacune des nouvelles ou chacun des poèmes encore que pour cette dernière catégorie ce serait bien difficile à résumer mais le mieux est encore de l’ouvrir et de découvrir. Il faut oser plonger dedans, car il peut être déstabilisant de ne pas avoir de trame commune, de thématique imposée mais c’est en même temps une découverte à chaque nouvel auteur. La découverte d’une écriture, d’un univers, d’une identité. Chaque nouveau texte est comme ouvrir un autre livre, on ne sait ce que l’on va découvrir et finalement cela permet aussi de renouveler les découvertes et les temps d’évasion.

Le quatrième tome de L’Épître met en lumière l’Homme et la nature. Empreint d’une certaine mélancolie, et d’une forme de nostalgie il éveille les plaisirs olfactifs, sensoriels lorsque l’on se souvient simplement du plaisir de croquer dans un fruit, de goûter une peau ou encore lors de la découverte d’étendus, de paysages et de villes inconnues. Fribourg et ses lumières qui jouent sur les bâtiments de la vieille ville. Les chemins de forêts que l’on sillonne avec admiration ou crainte d’y retrouver un passé que l’on tente d’oublier. Les grands chênes qui se maintiennent encore debout malgré les cendres et la lave qui se répandent. 
Et puis il y a l’Homme au milieu de cela, celui qui à la douceur des souvenirs nous conte le départ en vacances, les kilomètres parcourus pour rejoindre le Portugal, du temps où le patriarche tenait le volant. Celui qui se souvient d’un ami ancien, imaginaire qui lui vaut aujourd’hui bien des soucis. L’Homme qui déambule dans les rues, les forêts à la recherche de réponses. Qui cherche sa place sans jamais vraiment oser s’affirmer complétement, sans jamais oser franchir le cap de prendre la décision. La femme et l’homme qui pleurent l’absence et doivent y faire face. Nouvelles capables de vous bouleverser en seulement cinq pages. 

Oui il y a une mélancolie collante dans ces quelques cent cinquante pages. Serait-ce l’effet d’une société qui nous balance une grisaille quotidienne ? En tout cas, si mélancolie il y a elle s’accompagne d’une étonnante singularité et de styles aiguisées, parfois conceptuels aussi mais qui valent la peine qu’on prenne un peu de temps pour en saisir l'élégance.

Les textes du recueil

Usure des pierre de Fabio Mottolini
D'invisibles flammes de Vincent Annen
Juillet nonante-neuf de Charly Rodrigues
L'ami de Jean-François Haas
Crânes d'écume de Ikran Isse Raghe
La chambre de l'enfant d'Olivier Pitteloud
Tendre de Stéphane Berney
Perspectives végétales de Catherine Charpié
Argent Sahara Métallisé de Nicolas Violi
Terre humide, passé aride de Quentin Perissinotto
En pelote de pénombre de Stefano Christen


L’Épître est à la base une revue littéraire qui a pour ambition de faire émerger de nouveaux talents sous la forme courte. Ce recueil est disponible en Suisse en librairie ou sur commande. En France, il faut passer commande directement auprès de l'éditeur mais les frais de port sont offerts, alors what else ?

Commentaires

  1. C'est la honte, mais parmis les auteurs, je ne connais que Haas - et encore, je ne l'ai jamais lu. Je note, c'est toujours bien de se tenir au courant de la littérature de son propre pays ;-)

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