[Autour des livres] Rentrée littéraire janvier 2018 : la liste de mes envies

rentrée littéraire 2018

Nouvelle année, nouvelle rentrée littéraire. Les bonnes résolutions s’inscrivent et dans celles-ci il n’y est pas question d’arrêter les découvertes littéraires. Même si j’ai envie d’ouvrir un peu mes horizons, de me mettre à plus de BD, d’ouvrir les classiques qui me font si peur, de terminer ceux de septembre (ça peut être pas mal aussi) et de continuer la découverte régionale… Mais au milieu de ceux-là il y a les nouveautés, celles qu’on repère, qu’on note avant de prendre son sac en toile pour dévaliser la librairie. Alors voici la liste de quelques-unes de mes envies.


Une longue impatience de Gaëlle Josse aux éditions Noir sur Blanc 

« C’est une nuit interminable. En mer le vent s’est levé, il secoue les volets jusqu’ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine, une longue plainte, et je m’efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance, qui me font encore frémir. Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »
Ce soir-là, Louis, seize ans, n’est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l’attente, par l’absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.
Chaque jour, aux bords de la folie, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu’elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l’histoire se resserre sur un amour maternel infini.

Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d’une grande retenue et d’une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées. 


Chambre simple de Jérôme Lambert aux éditions de L’Iconoclaste

Un homme reprend connaissance dans une ambulance. C’est un habitué de ce genre de voyage. Car le mal dont il souffre est chronique, sourd ; son épilepsie l’entraîne régulièrement dans de violentes chutes jusqu’à le mener à l’hôpital.

Ici, son horizon se limite à une simple chambre blanche. Il devient le Patient, endossant cette condition, celle des « allongés » : infantilisante, impudique, à la merci des gestes et des décisions des soignants qui l’entourent. À son chevet, infirmiers, médecins, aides-soignants s’affairent. Et Roman, son ami, reste près de lui. Chacun prend la parole. Mais dans ce lieu où l’on ne fait que passer, les rôles s’inversent. Une infirmière endosse celui d’une mère, un inconnu rencontré à l’espace fumeur devient un confident. Et au jeu de l’amour, il faut réinventer les règles.
Dans ce roman polyphonique, Jérôme Lambert excelle dans l’art des contrastes. Avec une dérision parfois tendre, parfois désespérée, Chambre simple met au jour des souffrances intimes et invente un univers de sensations fortes, subtiles et nouvelles, d’où s’échappe un parfum d’humanité.


Les corps électriques de Manuel Blanc aux éditions de L’Observatoire

Jeux de lumière, chorégraphie étudiée, poses lascives : Virginie entre en scène. Enroulée à sa barre, elle capture le désir et laisse glisser les regards sur elle.
Chaque soir, dans l’obscurité des clubs de pole dance, elle s’exhibe, s’affranchit des hommes et retrouve une féminité trop longtemps malmenée. Mais, sous sa peau désormais épanouie, se cache une bizarrerie, un frère sacrifié, qui prend de plus en plus de place dans sa vie.
Rattrapée par les hommes de son passé, tourmentée par ceux de son présent, c’est avec ce jumeau envahissant qu’elle se lance à la recherche de son père volatilisé avant sa naissance.


Toni de Line Papin aux éditions Stock

« J’ai eu envie d’écrire Toni parce qu’aussi vite qu’un météore, il est venu, puis reparti de notre vie. Il
me fallait coucher par écrit ces quelques souvenirs qui me restaient de lui afin de les graver, qu’ils ne s’envolent pas comme lui s’est envolé, à jamais. » De Hambourg à Berlin, Toni nous plonge dans l’insouciance de la jeunesse et des nuits magnétiques rythmées par les fêtes clandestines.






Bénédict de Cécile Ladjali aux éditions Actes Sud

Bénédict, enfant d’une mère iranienne et d’un pasteur suisse, a grandi entre l’Orient et l’Occident, bercé par la poésie soufie et le souffle de l’Apocalypse, debout au milieu des contraires. Plus tard, devenu Maître Laudes pour ses étudiants, professant la littérature comparée à l’université de Lausanne et, un semestre sur deux, à celle de Téhéran, son enseignement singulier et sa mystérieuse personne inspirent passions et sentiments contradictoires à son public. C’est aussi que Bénédict semble une figure provocante, éminemment androgyne, affranchie des contraintes de sa naissance, prosélyte d’une parole de tolérance et de résistance, qui fait résonner dans les amphithéâtres des mots de liberté, ceux d’une révolution culturelle à conduire, ceux d’un monde où s’effacerait la dramatique et douloureuse séparation entre les sexes.
Roman de la réconciliation à la beauté grave et brûlante, Bénédict interroge les identités fixes et embrasse les genres, ouvrant un espace intermédiaire, entre grâce et pesanteur, vers un corps à corps apaisé par l’amour et la littérature.



Une verrière sous ciel de Lenka Horňáková-Civade chez Alma Editeur

« Dans les contes de mon pays, il y a souvent trois fées qui se penchent sur le berceau du bébé pour
lui souhaiter une vie de telle ou telle couleur, sous de bons auspices ou au contraire pleine d’embûches. À quoi cela tient-il ? À leur bonne humeur ? »
Il était une fois, en 1988, une jeune fille envoyée en colonie de vacances en France par le parti communiste tchécoslovaque. Au dernier moment, sur le quai de la gare de l’Est, Ana refuse de rentrer. Elle vient d’avoir 18 ans et décide de changer le cours de son destin.



Les déraisons d’Odile D’Oultremont aux éditions de L’Observatoire

La vie d’Adrien et de Louise est un chaos enchanteur. Méritant et réservé, il travaille pour assurer leur quotidien.
Ouvrière qualifiée de l’imaginaire, elle désaxe la réalité pour illuminer leur ordinaire.
Leur équilibre amoureux est bouleversé le jour où l’agenda stratégique de l’employeur d’Adrien coïncide avec la découverte de tumeurs dans les poumons de sa femme.
Pendant que les médecins mettent en place un protocole que Louise s’amuse à triturer dans tous les sens, l’employé modèle est exilé par un plan social aux confins d’un couloir. Sidéré, Adrien choisit pour la première fois de désobéir : il déserte son bureau vide pour se dévouer tout entier à Louise, qui, jour après jour, perd de l’altitude.

Mais peut-on vraiment larguer les amarres et disparaître ainsi sans prévenir ?

Et les frasques les plus poétiques peuvent-elles tromper la mélancolie, la maladie et finalement la mort ?


La ballade silencieuse de Jackson C. Frank de Thomas Giraud aux éditions de La Contre Allée

Dans la même veine que son premier roman paru en 2016, Elisée, avant les ruisseaux et les
montagnes, Thomas Giraud imagine avec La ballade silencieuse de Jackson C.Frank ce qu’a pu être la vie de cet auteur compositeur interprète folk américain – contemporain de Bob Dylan – à travers ses drames, ses hasards, ses rencontres… et tout particulièrement ce qu’on pu être les années qui l’ont conduit à faire de la musique et à se taire ensuite. 




Chanson de la ville silencieuse d’Olivier Adams chez Flammarion

Je suis la fille du chanteur. La fille seule au fond des cafés, qui noircit des carnets, note ce qu’elle ressent pour savoir qu’elle ressent. Je suis la fille dont le père est parti dans la nuit. La fille dont le père a garé sa voiture le long du fleuve. La fille dont le père a été déclaré mort. Celle qui prend un avion sur la foi d’un cliché flou. Celle dans les rues de Lisbonne, sur les pentes de l’Alfama. Qui guette un musicien errant, une étoile dépouillée d’elle-même, un ermite qui aurait tout laissé derrière lui. La fille qui traverse les jardins, que les vivants bouleversent, que les mots des autres comblent, la fille qui ne veut pas disparaître. Qui peu à peu se délivre.



Un funambule d'Alexandre Seurat aux éditions du Rouergue

Un jeune homme est réfugié dans la maison de vacances de ses parents, en bord de mer. Cela ne « va
» pas, tout l’engloutit, la pensée de sa mère, sa relation avortée à la seule femme qu’il ait aimée, sa non-existence sociale. C’est un être effrondré, un funambule qui marche au-dessus du vide. Alors qu'il retrouve les siens pour la fête des mères, il apprend qu'il doit se rendre avec son père à un rendez-vous médical dont il ne sait rien. Après La maladroite et L’administrateur provisoire, Alexandre Seurat poursuit son exploration des failles familiales. Il plonge le lecteur dans un monde sans repères, dont on ne sait si l’absence de limites tient à la folie du personnage ou à la violence du monde extérieur.


La quatrième dimension de Nona Fernández aux éditions Stock (collection la cosmopolite)

Le 27 août 1984, Andrés Antonio Valenzuela Morales, agent du renseignement des Forces Armées Chiliennes livre à une journaliste des aveux glaçants sur l'enlèvement, la torture et l'assassinat de milliers de personnes disparues. Son témoignage, publié sous le titre "J'ai torturé", marque profondément Nona Fernández, alors âgée de 13 ans, qui a grandi sous Pinochet.
Des années plus tard, alors scénariste pour la télévision, et alors que son pays prône la réconciliation nationale, le droit à l'oubli, elle décide d'écrire son histoire.
Une lecture nécessaire, dont on ne sort pas indemne, et qui résonne très loin, dépassant largement les frontières du Chili.


La sélection est restreinte, pour le moment ... Et vous, quels livres avez-vous déjà repérés ? 

Commentaires

  1. Bien sûr, je me ruerai sur le Olivier Adam !
    Sinon, dans ta sélection, Une verrière sous le ciel retient mon attention...
    Pêle-mêle, j'ai noté que devaient sortir un nouveau Blondel, le dernier tome de L'amie prodigieuse, un roman d'Amulya Malladi, une auteure indienne qui avait écrit le très beau Une bouffée d'air pur, et j'en oublie sans doute plein d'autres !

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    1. Josse, Blondel, Ferrante, et plein de bonnes surprises sans doute!

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    2. On va encore faire de belles découvertes :)
      Bizarrement Ferrante ne m'attire pas vraiment ... Mais c'est le côté médiatisé qui me bloque.
      Quant à Amulya Malladi, tu titilles ma curiosité ... Ça y'est, ça commence haha

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  2. Rouuuuuuh nous en avons de nombreux en commun ! Chic, chic, chic ! :D

    (Nous avons les mêmes goûts, on dirait. ;) )

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    1. Mais oui, je suis allée voir la tienne tout à l'heure et je me suis dit la même chose. Est-ce étonnant que nous ayons les mêmes goûts ? ;-)

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  3. Je n'avais pas vu qu'Alexandre Seurat publiait un nouveau livre au Rouergue. J'avais tellement aimé La Maladroite, j'aimerais beaucoup lire celui-ci !
    Je note aussi le tout premier de ta sélection dont le résumé m'inspire bien.

    Sinon, en cette rentrée je ne fais pas bien original et personnellement j'attends les valeurs sûres (ou les poids lourds, chacun son expression) : le dernier roman de Delphine de Vigan et la "suite" d'Au revoir là-haut, Couleurs de l'Incendie de Pierre Lemaitre !

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    1. J'ai toujours mon blocage avec les poids lourds moi ... Mais je te lirai :-)

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  4. Le Ferrante! (mais j'ai découvert la série avant qu'elle soit médiatisée, à l'époque personne n'en parlait, bien que ce soit un best-seller un peu partout en Europe et aux USA) et aussi le de Vigan!

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    1. Les poids lourds aussi. Bon faudrait peut-être qu'un jour j'essaye de les lire quand même ...

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  5. Quelques titres de ta liste me donnent envie ! Affaire à suivre !

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